Éviter les cloques d'humidité en imprimant du PLA ancien en été
Les cloques et bulles qui apparaissent sur vos pièces en PLA pendant l’été, ce n’est presque jamais la faute de l’imprimante. Le vrai coupable, c’est l’humidité piégée dans le filament, surtout s’il traîne depuis des mois dans un coin mal protégé. Bonne nouvelle : un séchage adapté, un stockage sérieux et quelques réglages suffisent généralement à régler l’affaire.
Pourquoi le PLA ancien cloque-t-il davantage en été ?
Le PLA est hygroscopique. Concrètement, il pompe l’humidité de l’air ambiant, lentement mais sûrement. En été, quand l’humidité relative dépasse souvent 60 à 70 %, ce processus s’accélère nettement, parfois en quelques jours seulement.
Quand ce filament gorgé d’eau traverse la buse chauffée (190-220°C), l’eau se transforme instantanément en vapeur. Cette vapeur cherche une sortie et laisse des traces bien reconnaissables :
- de petites cloques ou bulles à la surface des couches
- un aspect granuleux ou mat là où on attendait du brillant
- des craquements ou sifflements qu’on entend pendant l’extrusion
- une adhérence inter-couches affaiblie, donc des pièces qui cassent plus facilement
- un filament qui “mousse” légèrement en sortant de la buse
Un rouleau neuf, bien scellé, tient le coup plusieurs semaines sans broncher. Mais une bobine ouverte depuis six mois, oubliée dans un garage ou une pièce sans climatisation ? C’est exactement le genre de candidat qui finit par poser problème.
Comment confirmer que c’est bien un problème d’humidité
Avant d’accuser vos réglages à tort, faites ce test, il prend deux minutes :
- Préchauffez à votre température habituelle, puis extrudez manuellement en pliant légèrement le filament près de la buse.
- Écoutez. Un crépitement, un petit “pop” qui revient régulièrement : c’est presque toujours de l’eau qui se vaporise.
- Regardez de près la surface d’une pièce test. Des micro-bulles brillantes ou des trous d’épingle, c’est la signature classique.
Si ces symptômes se manifestent surtout les jours d’orage ou avec un vieux rouleau sorti du placard, le diagnostic ne fait plus guère de doute.
Comment sécher efficacement un PLA ancien
Méthode du déshydrateur alimentaire
C’est la solution la plus fiable si vous imprimez régulièrement, et franchement, un déshydrateur à 40-50€ se rentabilise vite.
- Température : 45-55°C
- Durée : 4 à 6 heures pour un filament légèrement humide, jusqu’à 8-10 heures pour une bobine vraiment ancienne
- Retirez la bobine de son sac avant de la mettre à sécher, l’emballage étanche n’a rien à faire là
Méthode du four domestique (avec prudence)
- Réglez sur la température la plus basse possible, idéalement 45-50°C, et vérifiez avec un thermomètre externe (les fours ont tendance à sous-estimer les basses températures, parfois de 10 à 15°C)
- Laissez la porte entrouverte pour éviter toute surchauffe
- Comptez 4 à 6 heures, comme pour le déshydrateur
- Ne dépassez jamais 60°C : le PLA commence à se déformer autour de 55-60°C, et là c’est toute la bobine qu’il faut jeter
Séchoirs à filament dédiés
Les modèles commerciaux comme l’eSun eBox ou le SUNLU offrent un contrôle de température bien plus précis, et surtout, certains permettent de sécher pendant l’impression elle-même. En été, quand l’humidité remonte en flèche à peine le séchage terminé, c’est franchement un argument de poids.
Bien stocker son PLA pour éviter que le problème ne revienne
Sécher sans améliorer le stockage ensuite, c’est un peu comme éponger le sol sans réparer la fuite.
- Utilisez des sacs sous vide avec des sachets de gel de silice, et pensez à les changer ou à les réactiver au four régulièrement
- Investissez dans une boîte étanche avec joint, idéalement équipée d’un hygromètre pour suivre le taux d’humidité en temps réel
- Visez une humidité intérieure sous les 30 % dans votre boîte de stockage
- Évitez de laisser la bobine sur l’imprimante entre deux sessions en été, surtout sans climatisation : quelques jours suffisent parfois à tout gâcher
Ajustements à faire pendant l’impression en période humide
Même avec un filament parfaitement séché, quelques petits réglages ne font pas de mal :
- Baissez légèrement la température de buse (5-10°C sous votre réglage habituel) pour limiter toute vaporisation résiduelle
- Augmentez un peu la ventilation des pièces pour que les couches figent plus vite
- Imprimez par petits lots juste après le séchage, plutôt que de laisser la bobine à l’air libre toute la journée
Conclusion
Des cloques sur du PLA en été, ce n’est presque jamais un souci mécanique. C’est de l’humidité accumulée dans un vieux filament, exposé à un air trop chargé en eau. Un séchage de 4 à 6 heures à 45-55°C, suivi d’un stockage hermétique avec dessiccant, règle la grande majorité des cas. Ajoutez à ça un petit réglage de température et de refroidissement pendant les mois chauds, et vous retrouverez des impressions lisses et solides, même avec une bobine qui a déjà pas mal vécu.