Corriger le pillowing sur les surfaces du dessus avec le PLA soie
Si vos surfaces du dessus présentent des bulles, des petites bosses ou cet aspect “oreiller” (pillowing) uniquement avec du PLA soie, et jamais avec votre PLA standard, inutile de chercher bien loin : la cause se cache presque toujours dans les propriétés thermiques et rhéologiques propres à ce filament. Voici pourquoi le PLA soie se comporte différemment, et surtout comment ajuster vos réglages pour retrouver un top layer parfaitement lisse.
Pourquoi le pillowing touche surtout le PLA soie
Le PLA soie embarque des additifs (souvent des polymères ou des agents brillants) qui changent sa viscosité à l’état fondu. Concrètement, ces additifs le rendent :
- Plus fluide une fois chaud, ce qui facilite l’affaissement du plastique entre les infills avant qu’il ne se solidifie.
- Plus lent à refroidir, car l’effet brillant tant recherché demande souvent des températures d’impression plus élevées (200-220°C, contre 190-210°C pour du PLA classique).
- Moins rigide en surface pendant les premières secondes après le dépôt, ce qui accentue l’affaissement au-dessus des vides de l’infill.
Le résultat est toujours le même : le plastique n’a pas le temps de se figer avant de “tomber” légèrement entre les lignes de remplissage. D’où ce fameux effet de petites bosses, signature du pillowing.
Les réglages à vérifier en priorité
1. Augmenter le nombre de couches du dessus (top layers)
Avec le PLA soie, 3 couches ne suffisent presque jamais. Passez plutôt à :
- 5 à 6 couches de dessus minimum (soit environ 1 à 1,2 mm d’épaisseur selon votre hauteur de couche).
- Vérifiez que l’épaisseur totale du dessus dépasse 0,8 mm, un seuil généralement nécessaire pour bien ponter l’infill.
2. Réduire la température d’impression du dessus
Certains slicers (Cura, PrusaSlicer, OrcaSlicer) permettent de définir une température spécifique pour les couches du dessus :
- Baissez-la de 5 à 10°C par rapport à la température des parois.
- Le plastique se solidifie plus vite juste après dépôt, ce qui limite l’affaissement.
3. Augmenter la ventilation sur les derniers millimètres
- Réglez le ventilateur de couche à 100% dès le début des couches du dessus.
- Si votre imprimante le permet, activez un ventilateur additionnel ou un carénage pour concentrer le flux d’air là où ça compte vraiment.
4. Ralentir la vitesse des top layers
- Descendez à 20-30 mm/s pour les couches du dessus.
- Une vitesse plus lente, ça paraît contre-intuitif quand on veut imprimer vite, mais c’est justement ce qui laisse au plastique le temps de refroidir avant que la couche suivante n’arrive dessus.
5. Adapter le motif et la densité d’infill
- Privilégiez un motif gyroïde ou cubique : ils offrent un meilleur support structurel qu’une simple grille.
- Montez la densité d’infill à 20-25% dans les zones proches du dessus, via des modificateurs si votre slicer le permet.
Vérifier aussi le matériel
Les réglages logiciels ne font pas tout. Certains facteurs matériels aggravent franchement le phénomène :
- Filament humide : le PLA soie est hygroscopique, presque comme une éponge. Un séchage de 4 à 6 heures à 45-50°C avant impression peut transformer la qualité de surface.
- Buse partiellement obstruée : un flux irrégulier accentue les variations d’épaisseur sur le dessus.
- Extrudeur mal calibré : même une légère sur-extrusion aggrave visiblement l’affaissement en surface.
Un exemple de configuration qui fonctionne
Pour un modèle imprimé en 0,2 mm de hauteur de couche, avec du PLA soie à 210°C de base, voici une configuration qui donne de bons résultats :
- Top layers : 6
- Température du dessus : 200°C
- Vitesse du dessus : 25 mm/s
- Ventilateur : 100% dès la première couche du dessus
- Infill : gyroïde, 20%
Cette combinaison élimine quasi systématiquement le pillowing, tout en conservant l’aspect brillant qui fait justement l’intérêt de ce filament.
Conclusion
Le pillowing qui n’apparaît qu’avec le PLA soie n’a rien d’un coup de malchance : c’est la conséquence directe de sa viscosité plus faible et de son refroidissement plus lent. En augmentant le nombre de top layers, en ajustant température et vitesse sur les dernières couches, et en poussant le refroidissement, vous obtenez des surfaces lisses et homogènes, même avec ce filament réputé capricieux.